Le chant d’Ilda Simonian plonge ses racines dans la tradition musicale séculaire et caractéristique de l’Arménie, tradition qui s’étend depuis le chant liturgique du Moyen Âge et la musique populaire traditionnelle d’Anatolie orientale et de Transcaucasie jusqu’à la musique classique arménienne de compositeurs comme Komitas, Melikian et Avedisian. C’est la richesse de cet héritage musical qu’Ilda Simonian offre à son public.

Ilda Simonian, née à Istanbul, a pris conscience de son amour de l’art vocal dès un âge très précoce. Sa personnalité s’exprime avec force dans l’interprétation passionnée qu’elle donne des chansons mélancoliques d’ Arménie. Sa recherche de la perfection lorsqu’elle est sur scène souligne le caractère professionnel de son travail. Son répertoire comprend non seulement les grands compositeurs arméniens, mais également la musique classique occidentale de Monteverdi, Mozart, Schubert, Schumann, Brahms, Tchaïkovski et Fauré, entre autres.

Comme chanteuse, Ilda a une mission: Faire connaître à son public le vaste répertoire des compositeurs arméniens et des chansons populaires arméniennes. Ce répertoire comprend entre autres des chants liturgiques séculaires et des œuvres de Sayat Nova, Komitas, Melikian, Merangoulian, Ganatchian, Hekimian, Balian, Adjemian et Avedisian.

Ilda a l’art de combiner son professionnalisme avec une approche très ludique ainsi qu’avec une authenticité et un raffinement énormes. Ces caractéristiques réunies font qu’elle sait captiver son auditoire. Par son style intime, la mezzo-soprano ajoute encore à la profondeur et à la signification de la langue et de la culture musicale séculaires d’Arménie.

FORMATION ET EXPÉRIENCE PROFESSIONNELLE

À l’âge de six ans, Ilda a commencé à chanter à Istanbul dans le cadre des services religieux hebdomadaires. À l’âge de quatorze ans, elle a rejoint la chorale Sayat Nova, dont elle a été à l’époque le plus jeune membre. Cette chorale se consacrait principalement à l’exécution de chants arméniens profanes et liturgiques. Très vite, elle y a chanté régulièrement comme soliste.

Étudiante en économie, elle a continué à exercer son art vocal et à chanter dans diverses chorales. Puis elle a été admise au Conservatoire National de l’Université Mimar Sinan d’Istanbul, où elle a choisi l’opéra comme matière principale. À cette même époque, elle chantait les messes de mariage au sein de la chorale de la Cathédrale Apostolique Arménienne d’Istanbul. Parallèlement, elle faisait partie de la Chorale de Jeunes de la Radio-Télévision Turque et du Chœur de l’Amicale Ruhi Su.

Aux Pays-Bas, Ilda a chanté comme invitée lors d’un concert de l’ensemble de musique traditionnelle du Conservatoire Komitas d’Erevan sous la direction d’Ardzas Woskanian au «Meervaart» d’Amsterdam.

Dans le cadre de la série Polo de Haas, elle a chanté dans la «Beurs van Berlage» ainsi que dans la petite salle du «Concertgebouw» d’Amsterdam, accompagnée au piano par Polo de Haas. Lors de diverses émissions de la radio IKON ainsi que de la télévision NPS et NCRV, elle est intervenue pour chanter son répertoire arménien. 

Comme soliste accompagnée au piano, elle chante partout aux Pays-Bas avec un programme bien à elle. Elle conseille des chorales dans leur choix d’un répertoire arménien et accompagne leur apprentissage. En tant que professeur de chant, elle organise chaque année divers ateliers, ensemble avec ses étudiants.

INSPIRATION

Ilda est une chanteuse qui a une histoire. « En Turquie, mes parents ne pouvaient pas parler l’arménien ». C’était une conséquence du génocide de 1915, qui a coûté la vie à un million et demi d’Arméniens, et des dizaines d’années d’oppression que la population a subi par la suite. « À cause de cette oppression, une grande partie de notre héritage culturel s’est perdu ».

La culture arménienne constitue une part essentielle de son identité. C’est justement pour cela que sa mission consiste à partager avec son public la richesse et la force de la musique arménienne. « Je vis la musique de façon très intense. Elle fait si fortement partie intégrante de moi-même qu’elle me soutient tant dans mes moments de tristesse que de joie ».

Ilda habite à Amsterdam depuis le début des années 90. « Je me sens chez moi à Amsterdam. Il existe une petite communauté arménienne, établie à Amsterdam dès le dix-septième siècle. Ce courant s’est amplifié après la seconde guerre mondiale. C’est ce qui m’encourage à partager mon identité musicale avec les autres».